JavaScript is required to view this page.

Livraison GRATUITE à partir de €30,00 d'achat

Les publicités de Johnny Hallyday

- Johnny Hallyday Fanclub

Les publicités de Johnny Hallyday

De ses premières photos de mode adolescent aux spots télévisés des années 2010, Johnny Hallyday a traversé le monde publicitaire avec la même intensité qu'il mettait sur scène. Retour sur une carrière parallèle, souvent méconnue, toujours révélatrice.

Les débuts de Johnny dans la publicité

Avant même d'être une star, Jean-Philippe Smet est un visage. En 1955, à tout juste 12 ans, on le découvre dans une campagne presse pour la marque de vêtements Alba Junior. Il incarne l'aîné d'une fratrie modèle : chic, bien coiffé, élégant dans sa veste de costume. Rien à voir avec le rocker à la crinière rebelle qu'il deviendra — mais déjà, cette évidence photographique, ce naturel devant l'objectif, qui fera de lui une présence magnétique pour les annonceurs.

                       Publicité Alba Junior avec Johnny Hallyday

Publicité Alba Junior avec Johnny Hallyday

Comme l'écrit Marguerite Duras dès 1964 dans le magazine Le Nouvel Adam : « À le voir marcher dans la grande salle vide, je comprends : c'est de la marche que la chance est partie. Quand il marche, Johnny est comme au premier jour. » Cette intensité physique n'a pas fait de Hallyday une icône publicitaire à plein temps, mais il aura choisi ses campagnes à l'instinct, refusant certaines, en acceptant d'autres de manière parfois surprenante.

Les années 1960 : la jeune star se vend sur papier

Dès 1962, le succès aidant, les premières collaborations publicitaires sérieuses voient le jour. Johnny apparaît dans des publicités presse pour la marque Triumph.

 Publicité pour la marque Triumph

Publicité pour Triumph avec Johnny Hallyday

Il apparait également dans des publicités de vêtements masculins. Son image de jeune rebelle à la française — mélange de James Dean et de rock'n'roll — est une aubaine pour les marques cherchant à capter la nouvelle jeunesse consumériste des Trente Glorieuses.

Publicité pour la marque Big Chief

Publicité pour Big Chief avec Johnny Hallyday

À l'été 1962, sa fiancée d'alors, Patricia Viterbo, lui passe de l'huile solaire Ambre Solaire dans le dos, sur la plage de Nice. Une image de l'époque, simple et estivale, qui circule dans la presse magazine. La mécanique est lancée : Johnny vend autant sa vie que sa musique.

Patricia Viterbo passe de l'huile solaire Ambre Solaire sur Johnny Hallyday

En 1971, photos issues de son spectacle au Palais des Sports servent de support visuel à des campagnes pour Gini et Perrier — deux boissons grand public qui s'achètent l'énergie d'une idole nationale.

Publicité pour la marque Gini

Publicité pour Gini avec Johnny Hallyday

1970 : quand Johnny chante pour Ricard

C'est l'une des collaborations les plus insolites et les plus méconnues de sa carrière : en 1970, Johnny accepte d'être le représentant de la marque Ricard. Son ami compositeur Jean-Jacques Debout est appelé à la rescousse pour écrire les textes. Le résultat : neuf chansons originales enregistrées spécifiquement pour la marque, dont le titre évocateur Une guitare, une fille et un Ricard, mais aussi des versions folk, ragtime ou western — comme un clin d'œil à sa passion pour John Wayne. Ces titres sont diffusés en alternance sur RMC, avant d'être officiellement compilés en juin 1993 dans un coffret collector en forme de guitare contenant 40 CD.

Promotion des chansons publicitaires pour la marque Ricard

Promotion des chansons publicitaires de Johnny Hallyday pour la marque Ricard

La même année, la marque Long John (whisky) décèle en lui le compagnon de soirée idéal. Un spot le montre assis en boîte de nuit, confiant : « Tout va mieux avec Long John. »

1983 : Continental Edison, ou la pub chantée

Dans les années 70 et 80, la chaîne hi-fi envahit les salons français. Continental Edison veut faire parler d'elle — et qui mieux que Johnny pour incarner la haute fidélité musicale ? En 1983, en pantalon pattes d'éléphant et chemise blanche, il enregistre deux titres spécifiquement pour la marque : La ballade de Johnny et Rock and Roll Party. Un service promotionnel a visiblement eu l'idée d'une pub chantée, et Jojo a dit oui. Le résultat : un moment de pur rock'n'roll au service d'une marque électroménagère, aussi improbable qu'efficace.

Publicité pour la marque Continental Edison

Publicité pour la marque Continental Edison avec Johnny Hallyday

1989–1995 : du yaourt au parfum, Johnny s'essaye à tout

En 1989, changement de registre total : Danone s'offre la voix de Johnny. La campagne joue sur une chanson d'amour, douce et enveloppante — « Oui, j'ai envie de vivre pour toi » — très éloignée de l'univers rock du chanteur. Les coulisses sont savoureuses : selon Marie-Catherine Dupuy, de l'agence BDDP, le responsable commercial a appelé Johnny directement, s'est occupé de tout seul, et s'est rendu à l'enregistrement très tard le soir. À la fin de la session, les deux hommes sont allés boire des whiskys une partie de la nuit et sont devenus amis. « Ça, c'était du Hallyday tout craché », résume-t-elle.

Dans les années 1990, la marque de prêt-à-porter Kiabi lui confie son slogan « C'est bon pour le moral ». Le spot est tourné au Cirque d'Hiver, à Paris. Johnny, en jean et blouson, incarne le peuple de France : accessible, populaire, transgénérationnel.

Publicité pour Kiabi

Publicité pour Kiabi avec Johnny Hallyday

En 1991, il réalise un rêve personnel : lancer son propre parfum. Baptisé Retiens la nuit — en référence à une de ses chansons phares — le produit est développé avec la société Scoop, spécialiste d'événements autour de la parfumerie. Le succès commercial est au rendez-vous.

Publicité pour le parfum Retiens la nuit

Publicité pour le parfum Retiens la nuit avec Johnny Hallyday

1992 le voit prêter sa voix à la marque de café Legal, depuis sa loge avant un concert : « Grand Arabica, c'est le café que j'aime ». La scène est intime, presque documentaire.

Publicité pour la marque Café Legal

Publicité pour la marque Café Legal avec Johnny Hallyday

En 1995, il parraine Biker Tonic, une boisson énergisante à base de plantes, en lien direct avec sa préparation physique intensive avant ses concerts à Bercy — régime strict et massages à l'appui, il avait perdu 10 kilogrammes pour l'occasion.

Publicité pour Biker Tonic

Publicité pour Biker Tonic avec Johnny Hallyday

2000–2002 : Dior et Optic 2000, le virage grand public

Au tournant des années 2000, deux collaborations majeures marquent son entrée dans une nouvelle ère publicitaire.

D'abord, Christian Dior et son parfum Eau Sauvage : en 2000, Johnny incarne la sensualité masculine intemporelle dans une campagne sobre et élégante, très éloignée de ses excès rock habituels. Une image de séducteur mature qui résonne avec son public vieillissant.

Publicité pour la marque Dior

Publicité pour la marque Dior avec Johnny Hallyday

Puis vient Optic 2000, qui va devenir la collaboration la plus mémorable — et la plus longtemps entretenue — de toute sa carrière publicitaire. L'histoire commence lors d'un rallye en Tunisie organisé par la coopérative : le président de l'enseigne, Didier Papaz, y croise Johnny et le convainc de devenir l'égérie de la marque. En 2002, le premier spot est diffusé — et les ventes s'envolent de 13 % dès la première année.

Publicité pour Optic 2000

Publicité pour Optic 2000 avec Johnny Hallyday

Le génie de la campagne ? Ne pas mettre en scène Johnny avec une paire de lunettes au milieu d'un magasin, mais recréer l'univers visuel de la star : grosses voitures américaines des années 60, hélicoptères, bateaux, Las Vegas, Miami, désert de Mojave... Des mini-films en noir et blanc reprenant ses chansons mythiques, à la manière des Scopitones. Le slogan « Ooooptic 2000 ! », hurlé de sa voix de stentor, entre aussitôt dans l'imaginaire collectif.

« Tout le monde parlait de la campagne. Ça a donné un côté plus humain et populaire à l'enseigne », se souvient Yves Guénin, secrétaire général du groupe. Et Johnny, fidèle jusqu'au bout, refusait d'essayer d'autres lunettes que celles de la marque lors de ses passages en magasin. Il invente même le jingle de l'enseigne, qu'il offre à la coopérative sans contrepartie financière — geste de générosité qui doublera la notoriété spontanée d'Optic 2000 en quelques mois.

2003–2011 : la décennie Optic 2000 

Pendant près d'une décennie, les spots Optic 2000 rythment les écrans français. Chaque campagne est diffusée en télévision, presse et affichage — jusqu'à 27 000 panneaux dans toute la France. L'enseigne devient numéro 1 en notoriété assistée en 2003.

Les thèmes se renouvellent chaque année : Johnny face à un loup dans une forêt (2006, sur Ma Gueule), en mission secrète internationale (2010), en cowboy libérant un cheval noir dans le désert de Mojave (2011, tourné à Lancaster, Californie). Ce dernier spot — intitulé Le Ranch — sera le tout dernier de la série, coïncidant avec la fin du partenariat.

En parallèle, en 2003, il entame également une collaboration avec Le Casino dans un spot tourné à Las Vegas : « Il est terrible », annonce-t-il, égérie d'une campagne de lunettes progressives. Laeticia Hallyday rejoint les campagnes Optic 2000 dès 2004, renforçant l'image du couple rock symbole de fidélité et de modernité.

En 2005, Laeticia joue Uma Thurman dans Kill Bill, tandis que Johnny se retrouve derrière la caméra — sur fond de Noir c'est noir. La même année, un spot intitulé First met en scène le titre Pour moi la vie va commencer.

Les publicités de Johnny : un phénomène culturel à part entière

Ce qui frappe, en parcourant cette longue liste d'apparitions publicitaires, c'est leur diversité : boissons alcoolisées, parfums de luxe, chaînes hi-fi, yaourts, vêtements discount, opticiens... Johnny Hallyday a traversé tous les segments du marché, tous les médias — radio, presse papier, télévision, affichage — sans jamais sembler déplacé.

Car Johnny ne faisait pas de la publicité. Il était la publicité : un corps reconnaissable entre tous, une voix immédiatement identifiable, un univers cohérent assez puissant pour colorer n'importe quel produit. Les marques ne lui achetaient pas une signature — elles s'achetaient un morceau du mythe.

Depuis sa disparition en décembre 2017, certaines de ses collaborations connaissent une seconde vie nostalgique. Les spots Optic 2000 sont régulièrement rediffusés ou cités en exemple dans les études marketing. Et le « Ooooptic 2000 ! » résonne toujours dans la mémoire collective, comme une dernière chanson qu'on n'a pas fini d'entendre.